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Chemins Émergents - L’accélérateur d’expérience

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Par Cec Martínez, (journaliste, revue catalane Zirkolika )

Le projet Chemins Émergents n’est pas seulement un réseau transpyrénéen de diffusion de spectacles de petit format ; c’est un véritable creuset à expérimentations. Étant destiné à des artistes qui travaillent sur un numéro, et donc se trouvent en phase de création initiale, le résultat est une progression artistique indiscutable. Asvin López Etxarri, de la compagnie Estropicio (Catalogne), explique que l’expérience de participer à la dernière édition a été exceptionnelle, et il l’étend à des artistes d’autres groupes : « Ça nous a beaucoup servi. Et je ne le dis pas que pour moi, tous les artistes que j’ai connu pensent la même chose. Avec quelques-uns nous avons très été unis, comme avec les gens de la Main S’affaire (France). Au total, il y avait cinq compagnies espagnoles et cinq françaises, nous nous sommes fait des amis et c’est un luxe de travailler avec eux, de partager des expériences et de s’aider, vu l’individualisme qui existe dans d’autres secteurs. » Dans ce sens, il souligne le rôle de centres comme La Grainerie, à Toulouse.

En détail, la progression artistique s’explique par le fonctionnement de Chemins Émergents. Le contact initial des compagnies avec plus de vingt programmateurs plonge les artistes dans un environnement stimulant et un marché dynamique. Ils se trouvent soudainement face à certains aspects de la profession qu’ils ne s’étaient jamais imaginé. Asvin López l’explique ainsi : « On se trouve en situation de devoir vendre le numéro, de donner sa carte de visite... Le dispositif te prépare à réaliser ces tâches et à savoir gérer les aspects administratifs de la compagnie. En un an, ils nous ont embauchés dans beaucoup d’endroits. Nous avons appris à faire des contacts et à les utiliser. »

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Le cas d’Estropicio est un exemple parlant du point jusqu’auquel Chemins Émergents aide les artistes à se professionnaliser. « Ça fait quatre ans que je fais du trapèze, mais avant les rencontres de Fraga nous n’avions jamais monté ne serait-ce que la structure pour le numéro, imagine-toi si nous étions des bleus ! À Fraga, à part des programmateurs, il y avait aussi des techniciens qui nous ont enseigné à monter. C’est très important, parce que quand tu arrives dans un village où tu ne connais personne, tu sais ce que tu as à faire ; tu montes ou tu révises la structure et tu peux agir en toute sécurité. » En une année, les compagnies sélectionnées dans cette promotion de Chemins Émergents ont travaillé dans beaucoup d’endroits. Elles ont appris à faire la différence entre travailler dans une fête locale ou dans un festival de cirque, où le public sait ce que qu’il veut voir. Elles sont allées dans des villes et des villages de sept habitants, dans lesquels elles ont dû présenter leur numéro pour 40 voisins du secteur. Elles ont dû monter leurs structures sur des places de ciment et de terre, dans des espaces fermés et des théâtres. « Le premier retour, nous l’avons eu à Fraga, il y a un an. Là aussi il y avait des collègues qui avaient participé à des éditions précédentes de Chemins Émergents, et qui te rassurent. Ensuite, la différence de public, s’il est plus ou moins connaisseur, s’il applaudit à chaque fois ou attend que tu aies fini, comme c’est le cas en France, change ta manière d’agir mais pas ta proposition. Tout cela nous a donné une expérience que nous aurions autrement mis bien plus d’un an à acquérir. »

En ce qui concerne la relation avec les programmateurs, López dit que « c’était une bonne chose d’être ensemble à Fraga », parce que cela aide les artistes et les gestionnaires à se comprendre. De plus, explique-t-il, « c’est bien d’avoir un contact, bien que minime, avec la personne qui va t’employer et te recevoir dans une localité que tu ne connais pas ». Tout ceci fait qu’à l’instant où nous parlons la compagnie Estropicio puisse être en train de préparer un spectacle de longue durée, « qui requiert de s’occuper tout à la fois de la production, de penser à la musique, aux éclairages... », avec de solides perspectives de succès.

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Graphisme : Creadores de Ocio Crédits photos : la Grainerie, APCC, Poussière d’Image, Fanette Bruel, Guillaume Gouache, Eva Ferres.

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